Présentation

       Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.... mais plusieurs voyages, c'est bien aussi ! et les balades, les visites, les promenades. 
        Nous en faisons, loin ou près de chez nous. 
         Puis il y a les photos, dans des albums ou dans un blog, il n'y a que le support qui change, c'est le même amour des images, l'envie de conserver et de partager ce que nous avons vu de beau, ce qui nous a émus ou amusés.
         Je souhaite en profiter avec vous, visiteurs de passage ou fidèles !

PS : "baruler" est un mot provencçal signifiant : promener qui peut avoir un sens péjoratif. Mais il est plutôt employé familièrement et amicalerment.

PS 2 : vos commentaires, tant sur le fond que sur la forme, sont les bien venus (Voir en-dessous de chaque article).
 Merci. 

 
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            Voilà un jeu qui m’a marquée !

            On va aux marmites ?

            Et on allait aux marmites. C’était surtout avec Jacqueline mais avec quelques autres enfants aussi. On passait ainsi des heures à jouer… dans les buis. Ils n’étaient pas taillés et poussaient très bien tout seuls, ça ne les empêchait pas d’être très beaux. On se faufilait aux pieds des arbustes (il y avait toujours des creux formant comme de petites niches) et là, on ramassait par terre ou on cueillait sur les branches les fameuses marmites (capsules). Puis, on jouait avec comme si c’était des ustensiles de cuisine et même de la vaisselle… des "taraillettes" (comme on dit dans le midi).

            Les marmites sont donc le fruit du buis, nous les appelions ainsi mais je ne sais pas si c’est courrant ! je ne crois pas avoir entendu ailleurs cette appellation pour ce fruit (auquel personne ne s’intéresse beaucoup semble-t-il). Si nous en « faisions » des marmites, c’est parce que cette baie est plutôt ronde, a 3 petites excroissances sur leur sommet et il reste un morceau de la tige qui la rattachait à la branche, formant ainsi pieds et bouton de couvercle.

            Maintenant, je me demande comment nous arrivions à improviser autant autour de cette baie si anodine ! Mais le fait était là, nous passions des heures dans les buis et j’ai un souvenir merveilleux de ces moments tout verts !
            Après quelques recherches sur internet, je constate qu'en botanique on compare le fruit du buis à une marmite et que les fleuilles et fruits de l'arbuste ont des vertus médicinales..
           
Quelques liens :


Photo "Etant tout gamin on jouait a..." (France) par jmpastore sur Vacanceo.com



http://books.google.fr/books?id=_8w0AAAAMAAJ&pg=RA1-PA143&lpg=RA1-PA143&dq=fruit+du+buis&source=web&ots=eib6-BjDPW&sig=bjluSQQaV4lkcFzrjZsdMLqDcbI&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=5&ct=result



http://www.curiosit.com/bonnier/bonnier47.php
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            C'est à lagrand que j'ai commené d'aller à l'école. Une classe avec un grand tableau vert (ou noir ?), des bureaux en pente avec le banc fixé à la table, le trou pour l'encrier... Cartes de géographie et cartes du corps humain aux murs ; et le poêle.. un grand poële gris entouré d'une rambarde à barreaux (en hiver, ce n'était pas du luxe ! non seulement pour le chauffage mais aussi parce que les enfants venant des fermes -par tous les temps- y faisaient réchauffer leur repas). Une classe d'une trentaine d'enfants de 6 à 14 ans. Et oui ! Les instits d'alors enseignaient ainsi ; on ne parlait pas de fermer une école ou une classe parce que dans une classe double il manque 1 enfant par rapport au quota fixé par on ne sait quel bureaucrate affalé sur sa chaise et devant son écran). Du CP au certificat d'étude (pour ceux qui n'allaient pas au collège). J'ai un excellent souvenir de cela car, quand je trouvais que ça commençait à patiner dans mon cours et que je m'ennuyais, je pouvais m'intéresser à ce que faisaient les autres. Excellent souvenir des séances de calcul mental que faisaient tous ceux qui savaient compter. Les derniers jours de juin où l'institutrice nous faisait écouter Pierre et le loup (tout le monde était scotché).
             Je croyais avoir beaucoup oublié mais au fur et à mesure que j'écris tant de souvenirs  reviennent !
             On apprenait non seulement là Marseilaise mais aussi le Chant des Partisans.
            Il avait fallu élever des vers à soie pour observer leur fabrication des cocons, les nourrir avec des feuilles de mûrier (qu'on allait ramasser à l'entrée du village où il y avait 3 grands arbres : 2 mûriers blancs et un noir, ceux-là même dans les quels je passais des heures à observer les fleurs, feuilles et fruits, les insectes, écouter les oiseaux, regarder le paysage...).
            Ramasser des feuilles qu'on devait tapper avec une brosse en chiendent pour ne laisser que les nervures.
            Le nougat que fabriquait à Noël le mari de l'institutrice, Mme Bonnaud, le chocolat chaud qu'elle préparait elle-même.
            Tous ces objets qu'on trouvait si beaux qu'on confectionnait pour la fête des mères (j'ai toujours une bergère en plâtre de Paris, peinte à la gouache et vernie)...
             Les jeux des récréations : la guerre (donc j'ai oublié la règle : on traçait un cercle au sol, on le divisai en quartiers et je suppose qu'on devait prendre la place les uns des autres), la règle où, pieds contres pieds joints, se tenant par les mains, on tournait le plus vite possible penchées en arrière (jeu pratiqué par les filles), les billes biensûr : le trou ou le triangle, le portrait en hiver qui consitait à se laisser tonber dans la neige de tout son long et se relever sans abimer l'empreinte ainsi laissée. Et bien d'autres.
            L'école telle qu'elle était n'existe plus : elle a été transormée en auberge et le bâtiment a été modifié. Le corps du bâtiment était composé d'un hall d'entrée avec à gauche la porte de la claisse et en face vers la gauche celle qui menait à l'appartement de l'institutrice et sa famille. A l'extérieur, sur la droite, les wc (2 je crois), un petit préau sur la droite. Le tout entouré d'un mur bas et grillagé. Cette école a été construite en 1890, désafectée en... 1985. Une autre école a été construite à Pont-Lagrand (en-bas du village) en 1982. (c'était l'école maternelle, en suite les enfants allaient à l'école primaire d'Eyguians à 1,5 km de là).
            Je profite de ce petit texte pour rendre homage à mes deux institutrices : Mme Bonnaud et Mme Coussy ! Elles ont eu beaucoup de persévérance, de courage, d'amour de l'enseignement aussi, pour faire avancer des enfants de tous âges en même temps, avec chacun ses particulairités. Merci à elles.
 

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           Le jardin du curé est unLAendroit où les enfants adoraient aller jouer. On y accédait généralement en

 

escaladant un mur qui nous paraissait très haut. Il était en pierres, c’était donc aisé de caler les pieds dans des interstices… Pour compliquer la chose, souvent nous escaladions d’abord le mur qui longeait la route, arrivé sur un étroit sentier, nous étions au pied du mur du jardin du curé. (il nous paraissait très haut et pourtant, quand je suis retournée à Lagrand il y a peu, j’ai eu une surprise : il ne mesure pas plus d’1m80…)

             Ce jardin de curé ne dérogeait pas à la règle : il avait beaucoup de charme, était fleuri et entretenu tout en ayant l’air sauvage. Sur la droite des rosiers rose pâle dont les fleurs aux pétales froissés sentaient merveilleusement bon. Au milieu, un escalier qui menait à un petit chemin pour atteindre la cure et la rue de l’autre côté (c’est comme ça dans les villages bâtis en côte !). Sur la droite, des pervenches et du lierre sur tout le mur.

               Un des jeux consistait à monter les escaliers en courrant de plus en plus vite si possible et de sauter par le mur de lierre et de pervenches… Ca se bousculait pas mal et les chutes étaient amorties par les feuillages.

               Dés le printemps, un autre jeu consistait à s’habiller de pervenches et de lierre. On se recouvrait de lianes ! De la verdure et des fleurs bleutées… pour simuler capes et robes.

               Si nous coupions des pervenches et du lierre pour nous déguiser, nous ne cueillions pas les roses, iris et autres fleurs du jardin. Pour le laisser tel quel sûrement. Pour ne pas nous faire gronder peut-être ?

               Les buis sont nombreux à Lagrand et il en pousse aussi dans le jardin du curé. Avant le catéchisme, il arrivait que nous allions au jardin prendre des boules de buis pour les lancer sur le curé… Pardon abbé Richaud ! Bien sûr, il nous grondait (mais on faisait ça rarement quand même !).

               Je n’ai pas revu le jardin car… je n’ai pas osé escalader le mur !

               La prochaine fois, il faudra que je le fasse...

              Mais le chemin qui y conduit est toujours bien fleuri : iris, lilas.

 

 

   L'album de Lagran
http://barulage.over-blog.com/photo-1144349-Lagrand--0-_jpg.html

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            Lagrand est mon deuxième chez moi (parmi d’autres encore !).

            En effet, si je suis née à Lachau, y ai appris à marcher et à parler, je n’y suis pas allée à l’école (contrairement à mes frères). J’ai commencé ma scolarité à Lagrand. Et puisque je parle de l’école, je voudrais dire ici merci à mes deux institutrices : Mme Bonnaud et Mme Coussy. J’y reviendrai dans un article sur l’Ecole Communale de Lagrand.

            Lagrand est un village perché en haut d’une colline, au bord d’un plateau. On y accède par deux routes aussi raides l’une que l’autre mais la principale est un peu large (moins étroite) que l’autre et a deux beaux virages en épingles à cheveux. Elle passe devant les Pins de Baron. Une petite sapinière (pourquoi disait-on pins ?) qui appartenait non pas à un baron mais à M. Baron (je ne sais pas qui en est propriétaire actuellement).

 

 


           Quand  ma  famille  est  arrivée  à Lagrand  en 1955, il n’y  avait  pas de  tout-à-l’égout,  pas d’eau courante, pas de rues goudronnées…

            Pour l’eau, il fallait aller la chercher à la fontaine (il y en avait une à proximité de la maison que nous habitions). Mais l’hiver, quand il faisait très froid, avant de pouvoir remplir son seau d’eau, allumer un feu sous le robinet était indispensable ! Pendant l’été, on se rendait à une autre fontaine avec les pots-à-eau, celle de la calade à côté du lavoir, un peu plus éloignée, mais son eau était particulièrement légère et fraîche (très agréable en des temps où la majorité des gens n’avaient pas de réfrigérateur). Quelques années plus tard, de gros travaux ont été entrepris par la commune : toutes les maisons ont eu l’eau à l’intérieur après le creusement des rues – à la main-, la pose de tuyaux, la remise en place… Evidement, il n’y a pas eu de belles cuisines, salles de bains, toilettes, installées tout de suite, presque personne en avait les moyens !

            En suite, il y a eu le goudronnage de la route, de la place. Quant aux ruelles, elles ont été empierrées. Ce dernier travail a été effectué par des groupes de jeunes venant de divers pays d’Europe, logés et nourris par les habitants du village. Ces travaux-là m’ont laissé un excellent souvenir : l’odeur du goudron, les machines qui dament le sol, les pelleteuses. Voir des lieux se transformer ainsi m’avait paru très impressionnant (je suis toujours admirative des grands travaux routiers !). Quant à la présence de ces jeunes (vieux pour moi qui avais 7 ou 8 ans), elle a été marquante aussi : nous entendions pour la première fois des langues inconnues. Les jeunes filles hébergées chez nous étaient Bulgares je crois.

            Chose étonnante pour un village ancien, il n’y avait aucun commerce : pas de boulangerie, nii d’épicerie, de boucherie. En ces années-là, des marchands passaient une ou deux fois par semaine avec un fourgon : 2 épiciers, 1 boulanger, 1 boucher-charcutier, 1 poissonnier et une fois par mois un marchand de vêtements ; une fois par an, des rempailleurs de chaises ; de temps en temps des cardeurs qui refaisaient les matelas. Il est vrai qu’une boulangerie, une épicerie, un bar, un bazar étaient ouverts à Pont-Lagrand, à 1 km en bas du village (mais à pieds, avec la côte et un regard d’enfant, ça paraissait loin !

             L’église rassemblait quasiment tout le monde le dimanche, ceux qui y entraient et ceux qui restaient devant… Je reviendrai aussi sur cette petite église du XIIe siècle, sobre, à l’excellente acoustique.

             Ne croyez pas que la vie était triste. Elle était sûrement dure pour les parents qui avaient beaucoup de mal à « joindre les deux bouts » mais je croix que nous y avons tous de bons souvenirs ! Comment les enfants préparaient leur confession, les disputes entre groupes d’enfants qui se formaient et se modifiaient, les « raids » dans les cerisiers au printemps, les voisines qui chantaient dans la rue, la foire annuelle, jouer au « portrait » dans la neige, le nougat que le mari de l’institutrice préparait pour Noël, la salle de la mairie où tout le monde assistait au dépouillement de toute élections, etc, etc

            Tant d’anecdotes ! J’essaierai d’en rapporter quelques unes.

 

 


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