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Barulage et promenage

LAGRAND (Hautes-Alpes) : l'école

25 Mai 2008, 12:04pm

Publié par Barulaïre

                    C'est à lagrand que j'ai commené d'aller à l'école. Une classe avec un grand tableau vert (ou noir ?), des bureaux en pente avec le banc fixé à la table, le trou pour l'encrier... Cartes de géographie et cartes du corps humain aux murs ; et le poêle.. un grand poële gris entouré d'une rambarde à barreaux (en hiver, ce n'était pas du luxe ! non seulement pour le chauffage mais aussi parce que les enfants venant des fermes -par tous les temps- y faisaient réchauffer leur repas). Une classe d'une trentaine d'enfants de 6 à 14 ans. Et oui ! Les instits d'alors enseignaient ainsi ; on ne parlait pas de fermer une école ou une classe parce que dans une classe double il manque 1 enfant par rapport au quota fixé par on ne sait quel bureaucrate affalé sur sa chaise et devant son écran). Du CP au certificat d'étude (pour ceux qui n'allaient pas au collège). J'ai un excellent souvenir de cela car, quand je trouvais que ça commençait à patiner dans mon cours et que je m'ennuyais, je pouvais m'intéresser à ce que faisaient les autres. Excellent souvenir des séances de calcul mental que faisaient tous ceux qui savaient compter. Les derniers jours de juin où l'institutrice nous faisait écouter Pierre et le loup (tout le monde était scotché).
                  Je croyais avoir beaucoup oublié mais au fur et à mesure que j'écris tant de souvenirs  reviennent !
                    On apprenait non seulement là Marseilaise mais aussi le Chant des Partisans.
                    Il avait fallu élever des vers à soie pour observer leur fabrication des cocons, les nourrir avec des feuilles de mûrier (qu'on allait ramasser à l'entrée du village où il y avait 3 grands arbres : 2 mûriers blancs et un noir, ceux-là même dans les quels je passais des heures à observer les fleurs, feuilles et fruits, les insectes, écouter les oiseaux, regarder le paysage...).
                    Ramasser des feuilles qu'on devait tapper avec une brosse en chiendent pour ne laisser que les nervures.
                    Le nougat que fabriquait à Noël le mari de l'institutrice, Mme Bonnaud, le chocolat chaud qu'elle préparait elle-même.
                   Tous ces objets qu'on trouvait si beaux qu'on confectionnait pour la fête des mères (j'ai toujours une bergère en plâtre de Paris, peinte à la gouache et vernie)...
                    Les jeux des récréations : la guerre (donc j'ai oublié la règle : on traçait un cercle au sol, on le divisai en quartiers et je suppose qu'on devait prendre la place les uns des autres), la règle où, pieds contres pieds joints, se tenant par les mains, on tournait le plus vite possible penchées en arrière (jeu pratiqué par les filles), les billes biensûr : le trou ou le triangle, le portrait en hiver qui consitait à se laisser tonber dans la neige de tout son long et se relever sans abimer l'empreinte ainsi laissée. Et bien d'autres.
                    L'école telle qu'elle était n'existe plus : elle a été transormée en auberge et le bâtiment a été modifié. Le corps du bâtiment était composé d'un hall d'entrée avec à gauche la porte de la claisse et en face vers la gauche celle qui menait à l'appartement de l'institutrice et sa famille. A l'extérieur, sur la droite, les wc (2 je crois), un petit préau sur la droite. Le tout entouré d'un mur bas et grillagé. Cette école a été construite en 1890, désafectée en... 1985. Une autre école a été construite à Pont-Lagrand (en-bas du village) en 1982. (c'était l'école maternelle, en suite les enfants allaient à l'école primaire d'Eyguians à 1,5 km de là).
                    Je profite de ce petit texte pour rendre homage à mes deux institutrices : Mme Bonnaud et Mme Coussy ! Elles ont eu beaucoup de persévérance, de courage, d'amour de l'enseignement aussi, pour faire avancer des enfants de tous âges en même temps, avec chacun ses particulairités. Merci à elles.
 

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